1. PIB
L’évolution du PIB sur la période 1994-2004 a été pratiquement stable avec une relative poussée au cours des 3 années 1995, 1996,1997 qui ont suivi la dévaluation du 11/01/1994. En francs courants le niveau (nominal) du PIB est ressorti à 1060 milliards de FCFA en 2004 contre 600 milliards en 1994, soit un taux de croissance de près 6% laissant ainsi dégager une modeste prime nominale à l’amélioration du PIB par tête d’habitant de près de 3% par an sur la période. En termes réels la croissance du PIB a été plus modeste sur la période ce taux se monte à 2,4% à peine suffisant pour réaliser l’équilibre démo économique.
Cette faiblesse de la croissance réelle de l’économie togolaise sur cette période critique (1994-2004) est largement imputable à la longue panne de son principal moteur, l’investissement. Les parts contributives des trois secteurs à la croissance ont insensiblement évolué sur la période. Les calculs donnent 40% pour le secteur primaire, 23% pour le secteur secondaire et 37% pour le secteur tertiaire.
2. Consommation Nationale
Mesurée en termes nominaux, la consommation nationale a suivi la même évolution que le PIB sur la période 1994-2004. Sa composante publique mesurée intégralement par le budget de l’Etat est restée quasi stationnaire puisqu’elle se chiffre à 122 milliards en 2004 contre 123 milliards en 1994. Cette situation est dûe en grande partie au gel de l’assistance budgétaire de l’Union entraînant une stagnation des dépenses publiques. Aussi, l’évolution de Ia consommation nationale est elle uniquement tirée par la consommation privée qui a connu quant à elle une progression plus soutenue passant de 389,1 milliards de FCFA en 1994 à plus de 921,8 milliards en 2004 affichant ainsi un fort taux de croissance, ce qui dénote de la vitalité des activités privées et des affaires au TOGO malgré la morosité ambiante de l’environnement économique.
3. Investissement
La progression des investissements (entendu au sens de la formation brute de.. capital fixe (FBCF,) corrigée des variations de stock) a été heurtée sur la période 1994 2004 comme le montre sa pente d’évolution. En termes nominaux il a été multiplié par 2,5 en 10 ans et a connu au cours de certaines années une baisse importante notamment en 1999 et 2000 où la légère remontée des années antérieures s’est inversée. L’évolution de la FBCF publique est restée très modérée ; de 13,4 milliards en 1994 elle ressort à peine à 25 milliards en 2004 soit un taux de croissance nominale de 6%. L’effort d’investissement de l’Etat a été réduit par le gap de l’épargne budgétaire atteignant en cumul sur la période un total de 408 milliards de FCFA pouvant être interprété comme le montant dl :.1 déficit d’investissement public sur cette période. AI :.1 cours de la même période l’effort d’investissement privé bien que largement plus soutenu que celui de l’investissement public a été également handicapé par une perte de confiance récurrente dans l’économie togolaise ; le manque à investir probablement induit par les reports des décisions d’investir est chiffré à 560 milliards sur la période. Le TOGO aurait ainsi subi pendant ces dix (10) dernières années un dommage économique du a un déficit d’investissement de plus de 960 milliards de FCFA sur la période imputable, en termes de coût d’opportunité à l’économie nationale.
4. Réserve internationale brute
Les avoirs extérieures bruts du TOGO évalués en mois d’importations ont été stables pendant la période 1994 2004 hormis de légers replis en 1996, 1997 et 1998. La stable accumulation des avoirs extérieurs nets des engagements, est également une caractéristique voire un atout de l’économie togolaise, les importateurs n’ayant jamais eut à souffrir de manque de devises fortes en temps réel.
Les banques sont souvent surliquides, ce qui est une contradiction pour une petite économie ouverte telle que celle du TOGO et de surcroît sevrée des concours extérieurs. Il faudrait voir à travers cet atout la vitalité aujourd’hui latente du secteur réel de l’économie togolaise.
5. Importations et Exportations
Hormis le quasi équilibre atteint entre 1994 et 1996, le déficit de la balance commerciale s’est amplifié pendant le reste de la période, atteignant 180 milliards en 2004. Il faut admettre, les chiffres le prouvant fort bien, que le déficit de la balance commerciale est une caractéristique structurelle de l’économie togolaise, le quasi équilibre obtenu entre 1994 et 1996 est tout juste une exception justifiée du reste par le jeu des ajustements des prix et des quantités consécutifs à la dévaluation du 1 1/01/1994. En effet, depuis 1977, l’équilibre des comptes extérieurs du TOGO réalisé de façon continue depuis 1965, a été rompu et la position extérieure de l’économie togolaise est devenue débitrice, le TOGO important plus qu’il n’exporte de biens et de services en valeur et en volume. C’est pourquoi l’objectif constant de la politique commerciale du TOGO a toujours visé la résorption progressive et ordonnée de ce déficit croissant de la balance commerciale. Cet objectif est encore remis au goût du jour dans les priorités du gouvernement, mais on ne peut en attendre le moindre début de réalisation avant une véritable relance de la production nationale et de l’offre d’exportation.
6. Production agricole
La production agricole vivrière est constamment restée sous la barre des 3,5 millions de tonnes (toutes spéculations vivrières confondues) au cours de la période 1994-2004. Cette limite asymptotique caractérise une agriculture vivrière peu rentable et peu productive certainement en raison des équipements encore traditionnels dont se servent toujours les paysans togolais. C’est pourquoi, l’un des défis à révéler et qui est lisible dans le discours programme du gouvernement reste la modernisation de l’agriculture. La mise en œuvre d’investissements massifs et diversifiés susceptibles de relancer le production agricole notamment les produits de rente (coton, café, cacao ...) a été suivi d’une tendance baissière au cours de la même période, sauf celle du coton qui semble avoir fait une révolution en dépassant 180. 000 tonnes en 1997 et 2002.
7. La production des phosphates
Depuis ces 15 dernières années l’usine de production des phosphates marchands (OTP) est rentrée dans une période de restructuration à répétition soit pour améliorer le gestion financière, soit pour accroître sa production qui chute régulièrement d’une année sur l’autre faute des investissements de renouvellement ou de rééquipement. De 3 millions de tonnes de phosphates marchands dans les années fastes de cette société, la production s’est aujourd’hui stabilisée entre 1,2 et 1,5 millions de tonnes (en 2000) l’usine est naturellement à la recherche d’investissements nouveaux pour remettre à flots son appareil de production devenu obsolète et pour répondre à la forte demande du phosphate togolais sur le marché international. En effet compte tenu de la qualité du phosphate togolais, le dernier opérateur économique repreneur qui serait intéressé à investir dans la valorisation de cette ressource minière est assuré d’un retour rapide et massif sur le capital investi.
Aujourd’hui, deux opportunités attendent les investisseurs dans cette mine ; la mise en route de la production de croisière des phosphates marchands et la construction d’une usine d’acide phosphorique. Pour une indication approximative, les investissements requis pour la mise à flots de l’OTP se monteraient à 2,5 plus de 100 milliards FCFA et pour réaliser l’usine d’acide phosphorique à plus de 300 milliards.
8. Taux d’inflation annuel moyen
A part la période 1994-1997 correspondant à la période d’apostement des prix et des quantités consécutive à la dévaluation du 11/01/1994, les taux d’inflation mesurés par l’indice harmonisé des prix à la consommation ont été contenus et maîtrisés autour de 2%. Cette belle performance est à mettre au crédit de la surveillance rapprochée des prix institués par les autorités publiques depuis la dévaluation. Ces faibles taux d’inflation ont permis à l’économie nationale de traverser des périodes critiques sans grandes difficultés et au pouvoir d’achat des ménages de rester dans la moyenne du supportable malgré la longue période de récession 1990-2005. Si cette tendance est maintenue le quantum d’investissement souhaité pour tous les togolais en vue de relancer l’économie et créer un bien être croissant pour tous et pour chacun, dégagera un croit de rentabilité à la satisfaction de tout le monde.
9. Taux de pression fiscale
Le taux de pression fiscale (recettes fiscales /PIB) qui donne une indication de la ponction opérée par les charges publiques sur la richesse produite dans le pays a évolué modérément sur la période 1994-200. Il est passe de 8,8% en 1994 à 15,2% en 2004. C’est une performance remarquable et en même temps un atout pour l’économie togolaise. Elle est d’autant taux d’inflation théoriquement requis pour financer les déficits budgétaires reste largement supérieur au taux d’inflation moyen calculé sur la période 1994 -2004.
Autrement dit le TOGO dispose encore des possibilités d’amélioration du prélèvement fiscal qu’il peut utiliser sans qu’il y ait une pression fiscale supplémentaire génératrice de tensions inflationnistes.
(Source Document Ministère Economie et Finances : TOGO : Les chiffres clés (publié en 2005))