BIEN COMPRENDRE L’INTELLIGENCE ECONOMIQUE

Les observateurs économiques s’accordent à reconnaitre qu’une nouvelle révolution économique est en marche et qu’elle est fondée sur l’Information et la connaissance.

En effet, l’internationalisation des échanges impose aux différents acteurs économiques d’adopter une démarche anticipative (et non réactive) face aux changements de leur environnement.

L’efficacité de leur stratégie repose alors sur le déploiement de véritables dispositifs d’Intelligence Economique qui constituent la gestion stratégique de l’Information comme levier majeur au service de la performance économique .

Discipline autonome, l’Intelligence Economique et concurrentielle, encore appelée « Competitive Intelligence » , est une fonction originale en entreprise ; elle est une culture et un mode d’action mettant en œuvre, des moyens déjà existants. Elle est avant tout la rencontre entre l’Ignorance et la Volonté de s’affranchir de cette ignorance . Savoir et Prévoir sont ses deux raisons d’être.

C’est aussi le triptyque : Veille /Sécurité/Influence.

L’Intelligence Economique est mise en œuvre par des acteurs, transmise par un réseau, s’organise en fonction d’objectifs et est utilisée par des décideurs.

Pour Henri MARTRE,(auteur du premier grand rapport sur l’Intelligence Economique et la Compétitivité des Entreprises) l’Intelligence Economique c’est l’information recoupée, traitée, ciblée pour pouvoir éclairer les décisions. Pour prendre des décisions économiques optimales, il faut comprendre la réalité dans laquelle elles s’appliquent. Comme dans l’impressionnisme, on se sert des éléments glanés ici et là pour brosser le tableau le plus proche possible de la réalité.

La toute première des compétences mobilisées par l’Intelligence Economique est : La Veille. Elle en constitue le socle et recouvre une volonté de comprendre toutes les dynamiques d’évolution des marchés et de la concurrence et constitue un moyen de stimuler l’INNOVATION.

La Veille constitue une véritable force pour les entreprises dans la mesure où elle traduit une redoutable capacité à anticiper l’avenir. Elle permet en effet non seulement d’explorer les opportunités et de prévenir les menaces, mais également d’analyser les mouvements des acteurs économiques, qu’il s’agisse de s’en prémunir ou d’en tirer avantage. En somme, la veille est un véritable instrument de collecte, d’analyse et de décision qui va permettre à l’entreprise de se positionner sur l’échiquier concurrentiel de la meilleure façon qui soit.

Face à l’accélération du changement technologique, de la variabilité des conditions de fonctionnement des marchés nationaux, l’information technologique devient vitale.

Les positions des concurrents changent sans cesse, des domaines nouveaux s’ouvrent, et il n’est plus possible d’éviter cette quête d’information permettant la prise de décision pertinente.

La pratique de la veille technologique progresse à grande vitesse. C’est l’éveil de la Veille ! Les entreprises qui en découvrent les principes sont en général convaincues de son bien-fondé et en deviennent de fidèles disciples.

La veille technologique, c’est l’art de repérer, collecter, traiter, stocker des informations et des signaux pertinents (faibles, forts) qui vont irriguer l’entreprise à tous les niveaux de rentabilité, permettre d’orienter le futur et également de protéger le présent et l’avenir face aux attaques de la concurrence. La veille se pratique dans la légalité et le respect des règles de déontologie.

En d’autres termes, la veille conduit à transférer des connaissances de l’extérieur vers l’intérieur de l’entreprise, en suivant des règles de fonctionnement strictes.

La règle d’or de la veille technologique et de l’Intelligence Economique est donnée par Michael E. PORTER, de Harvard Business School à travers cette phrase : Donner la bonne information à la bonne personne au bon moment, pour prendre la bonne décision. L’Intelligence Economique inclut toutes les formes de veille.

La deuxième fonction incontournable du triptyque est la Sécurité

  • Toute entreprise est exposée au risque de perte ou de détournement d’informations : vols de supports informatiques, interception de communications, manipulation de salariés…
  • La protection des informations sensibles doit être une préoccupation de l’ensemble des acteurs impliqués dans l’entreprise (collaborateurs, cadres dirigeants, membres des organes sociaux…).

Se faire battre est excusable ; se faire surprendre est impardonnable………..Napoléon

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Quelques mesures pratiques

 

Renforcer le dispositif de veille lors des périodes plus particulièrement sensibles : sortie d’un nouveau produit – départ d’un collaborateur – restructuration – transmission de l’entreprise…

Contrôler systématiquement les communications écrites de l’entreprise afin de maîtriser tout risque d’interprétation qui serait préjudiciable à l’image de l’entreprise,

Contrôler les sites Web qui pointent vers le site de l’entreprise. A noter que le fait d’établir un lien vers un autre site sans autorisation de ce site peut être considéré comme portant préjudice

 

L’Influence est le troisième élément du triptyque qui se présente comme étant le résultat d’une bonne application des deux premiers. Plusieurs outils existent en ce qui concerne sa mise en œuvre. Ce qu’il faut retenir est qu’il s’appuie sur le savoir-faire de l’entreprise sur tous les plans et surtout sur sa vocation d’être leader.